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EXPOSITION Espaceculture 2010
Dolly Dolly
chronique visuelle du festival
Espaceculture du 29 juin au 21 août, 10h à 18h45, sauf le dimanche
vernissage le 29 juin, 18h
Espaceculture 42 la Canebière / 13001 Marseille tél. 04 96 11 04 85



Intention
Les chroniques du festival Images Contre Nature sont, à l’origine, un feuilleton radiophonique en six épisodes, créées avec la grande complicité de Radio Grenouille qui les diffuse sur ses ondes au mois de juillet, au moment du festival.
En 2010, Desmond "le démon" est le sujet de ces chroniques avec, en sus, l’exposition de ses "souvenirs" à l’Espaceculture. Cette histoire est une farce. Elle est macabre, lugubre et s’inspire du cinéma gore comme du Grand Guignol avec les dimensions critique et outrancière que cela comporte : questionnement de nos valeurs morales à grand seau d’hémoglobine, de sons stridents et d’excès de détails ; une panoplie infernale qui ne dépareille pas avec celle représentait en son temps par Jérôme Bosch.
Les chroniques sont une satire. Elles se moquent de la propension de notre société à quantifier le bonheur. Desmond veut le connaître, quoi de plus naturel ? La partie audio du conte en illustre la face la plus terrifiante. A contrario, la partie visuelle s’attache à en montrer un versant plus léger, une sorte d’image d’Epinal de l’horreur. Pour mettre en forme cette dernière, l’association fait appel aux artistes dont les œuvres ont été exposées durant les dix années du festival :
Ivora Cusack, Nin Bek, Agathe Dreyfus, Véronique Duhaut, Christine Gabory, Jean-Luc Gergonne, Winnie j., Alain Joule, Xavier Moreno, Jean-Paul Noguès, Isabelle Schneider, Emmanuelle Sarrouy, Valérie Sarrouy, Olivier de Sépibus, Reine Taëvran. A travers leur contribution (ou non) à cette mascarade, il s’agit de marquer un joyeux retour en arrière et de fêter un anniversaire.

sujet
Quotidiennement, Desmond se raconte des histoires. Particulièrement quand il travaille. Pour gagner sa vie, il confectionne à domicile de petits bijoux et des fleurs de tissus, reconstituant avec minutie des parures de pacotilles et des roses pâles bordées de pourpre. Maintenant âgé de cinquante ans, il ressasse : « J’aime ce tricot jaune poussin à col V. Des losanges apparaissent avec le dessin à torsade. Je le mets pour voir vieille maman, pour reprendre nos sempiternelles discussions et il me faut toujours lui faire entendre raison. Elle déraille, voyez-vous ? Elle passe du coq à l’âne. Alors je m’agace et puis j’explose, moi, le plus doux des fils !!! Elle n’est pas le centre du monde, elle fait ce qu’elle veut, elle est toujours malade. Et puis je ne veux plus en parler. Je vais ranger mes affaires. JE VAIS VAQUER À MES OCCUPATIONS car j’ai de quoi faire avec mes rêves. J’y travaille. J’y consacre MON temps. J’échappe à cette pollution dans laquelle tout autre s’englue, car je suis quelqu’un, moi, Monsieur. Il est joli mon tricot. Ce col V à grandes côtes. Ça ne se fait plus de cette couleur.”
Desmond a un idéal. Il y a dix ans de cela, l’absence de bruit dans son appartement déclencha ce mouvement intérieur. Il commença par se promener dans les jardins et à se rendre au musée ; lui qui ne sortait jamais, si absorbé par ses devoirs auprès de ses parents vieillissants. Ceux-ci disparus, Desmond eut donc l’idée de recomposer une famille. Personne ne prêtant attention à ce désir, il lui fallut employer les grands moyens.
Désormais, il prend de force ce que la vie lui refuse : des parents attendrissants, une femme de préférence rousse et une jolie petite fille. Le sang coule à flot. Soigneusement conservés dans des bocaux, les souvenirs de ses victimes s’alignent sur les étagères.